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L’ÉCONOMIE

Les opportunités économiques à Fort William et Port Arthur attirèrent les travailleurs dans la région durant les premières décennies du XXe siècle. Située sur le rivage nord du lac Supérieur, beaucoup croyaient, comme pour d’autres régions du Canada au début du XXe siècle, en son potentiel pour un succès économique sans limite.

Comme le suggéra l’éditeur du Port Arthur Daily-News le 20 mars 1906, “les atouts du Canada sont prodigieux, le pays regorge de richesses non-exploitées, terre arable, minerai, énergie hydraulique, lacs et rivières navigables, un climat vivifiant et sain, en fait, tout ce qui fait la grandeur d’un pays, qui attends seulement de se développer grâce au capital et à l’énergie de l’homme.

De l’apogée de Fort William comme quartier-général de la North West Company dans l’arrière-pays à la Crise de 1929, on considéra le Lakehead comme une région de ressources inexploitées et infinies, capables d’alimenter un développement et un progrès continu. Port Arthur et Fort Williams jouèrent le rôle de métropole pour un arrière-pays riche en ressources. On considérait les deux cités comme le centre de la nation canadienne comme elles étaient devenues le pivot des transports ferroviaires et de la navigation pour les échanges entre matières premières de l’Ouest et biens manufacturés de l’Est.

L’industrie minière prit en premier avantage de ce nouveau moyen de transport. établie seulement en 1868, elle attira ensuite de nombreux hommes d’affaires, investisseurs et immigrants dans la région dont elle influença fortement l’avenir. Le boom de l’argent provoqua la naissance et la croissance de la cité jumelle de Fort William, Port Arthur’s Landing (devenue ville de Port Arthur en mars 1884) ainsi que le développement d’infrastructures comprenant mairie, églises de diverses confessions, écoles et un système de tramway interurbain.

Le Lakehead constituait une petite région isolée, située loin des principaux centres de la population du Canada. Néanmoins, grâce au chemin de fer et à l’essor minier, le Lakehead fut une destination privilégiée pour l’investissement en capital et les immigrants. Même après l’effondrement du marché de l’argent dans les années 1880, avec le Canadian Pacific Railway comme seul moteur significatif de développement dans la région, le potentiel demeurait. En plus d’aider à l’établissement d’immigrants dans la partie ouest du Canada, le Canadian Pacific Railway servit également de voie de transit pour l’acheminement des biens des colons vers les marchés de l’Est.

En tant que terminus central du Canada, le Lakehead profita immensément de l’expansion nationale en cours. Sa prospérité grandit avec le transbordement de chaque boisseau de grain ou corde de bois. Le blé qui s’écoula par le Lakehead, indispensable à la prospérité de l’Ouest, assura l’alimentation de millions d’Européens durant la Première Guerre mondiale et l’approvisionnement du Royaume-Uni par la suite. Le bois coupé dans la région servit à la construction des villes du centre du Canada pendant l’essor industriel. Le transport par voie navigable du grain, du bois et autres ressources précipita aussi la création d’une industrie de la construction navale. Bien que situé à plus de 1,000 kilomètres de l’océan Atlantique, le Western Dry-dock à Fort William devint la plus grande installation de cette sorte au Canada. Son existence résumait l’influence de l’industrie ferroviaire et renforçait l’optimisme qu’elle suscitait sur les habitants de l’Ontario du Nord-Ouest.